Faut-il souffrir au travail ?

Bonjour, 

Dans mon précédent article "Un travail satisfaisant", je disais que je ne sais pas si on a le droit de chercher à être satisfait de son travail. 

Faut-il pour autant souffrir au travail ? 

Il semble que oui ?

En ce qui me concerne, devoir se présenter dans une tour à la Défense, un bureau à Puteaux, la tour Cristal à Beaugrenelle ou chez un client à Villepinte à 9h30 après 20 minutes de scooter ou 1h30 de RER tous les matins, c'est déjà une souffrance. 

Même dans des conditions "de rêves" pour rejoindre les bureaux prestigieux de BNP Paribas Corporate and Investment Banking Boulevard des Italiens en arrivant simplement à scooter en passant par le 7e arrondissement et la place de la Concorde, j'avais "la boule au ventre". 

Devoir ensuite passer toute la journée dans un bureau derrière un ordi, c'était aussi de la souffrance. 

Et il y a pire. 

Aller à Villepinte en 1h30 de RER pour recevoir 7 à 9 salariés dans la journée, au lieu de 5 prévus, concernés par le déménagement de leur entreprise à Amsterdam.

Aller à 6h le lundi matin à Roissy pour être à 11h30 à Gröningen aux Pays Bas pour installer un logiciel d'ordonnancement des tâches informatiques en production et passer la semaine à l'hôtel avant de rentrer à 22h le vendredi. 

Aller faire un rendez-vous d'avant-vente quelque part en Provence à 10h pour repartir à 14h et apprendre la semaine suivante que le commercial rencontré s'est tué à moto. 

Tout cela n'a pas beaucoup de sens à mes yeux. 

Cette année-là, j'ai demandé à ce que l'entreprise mette fin à ma période d'essai et j'ai pris 3 mois de vacances. 

Après la BNP Paribas, c'est la crise financière qui s'est chargée de mettre fin à ma mission en juillet 2008. 

Depuis, j'ai choisi le métier du coaching et de l'accompagnement humain plutôt que l'ingénierie et le travail sur les systèmes informatiques. Depuis, j'ai fait le lien entre les deux : déjà, c'était bien les utilisateurs des systèmes informatiques que j'accompagnais dans la prise en main de l'outil. 

Et bien 10 ans plus tard, j'ai l'impression que je dois me rendre à l'évidence. Dans l'entreprise, les gens souffrent. Et ils n'ont pas le droit de le dire. 

Quand je suis - rarement - sur linkedin, je souffre déjà de toutes ces publications "corporate", "business-oriented" et "look what a good professional I am". 

Sur facebook, ce sont les photos de vacances et les performances sportives et ça reste bon enfant. 

Sur linkedin, le mot qui me vient c'est "bullshit". Du "bullshit job" où un diplômé de Grande École, après 19 ans de scolarité et d'études supérieures, brasse du vent pour faire mousser son manager aux publications "bidons" de linkedin, il n'y a qu'un pas. 

"Recrute un super commercial humain, sympa et empathique pour bosser dans une super équipe : la mienne !"

"Recrute jeune diplômé dix ans d'expérience pour un stage passionnant 70h par semaine"

"Altedia, groupe Adecco élu meilleur employeur de l'année, venez travailler pour nous !"

"Mieux vivre au travail", c'est le respect des salariés pour une meilleur performance collaborative !

Et dans le même temps, on vire tous les salariés du cabinet pour prendre des freelance en mission, parce que c'est plus efficace. 

On multiplie les CDD jusqu'à la limite des 18 mois pour "prendre soin" de salariés de 18 ans de CDI et 200 000 euros de salaire annuel pour leur assurer une transition "en douceur" quand le consultant qui leur est attribué a un contrat de travail plus court que la durée de leur accompagnement négocié.

Les entreprises d'informatique envoient les salariés à l'étranger toute la semaine sans dédommagement : "On te paie le billet de train et l’hôtel !" Encore heureux...


En tant que collaborateur, il ne faut surtout rien dire : "Ne te fais pas leur porte-parole, quand il faudra confirmer ce que tu dis, il n'y aura plus personne pour te soutenir" me disait David D. chez Altedia. 

En tant que consultant d'un cabinet, il ne faut surtout rien dire : "Le client est roi". 

En tant que professionnel indépendant, il ne faut surtout rien dire non plus : il faut bien garder ses clients pour travailler et gagner sa croute. 

Ca n'empêche pas d'avoir parfois raison et de tracer sa route. 

Chez NET2S, ce n'était plus possible pour moi de travailler avec Benjamin C. qui me semblait trop malhonnête. Il avait fixé des objectifs plus élevés au dernier arrivé qu'à toute l'équipe en place, refusait de déclencher les primes méritées, mentait explicitement aux consultants qu'il avait au téléphone devant ses équipes... Cinq mois après mon départ, les collègues me rappelaient pour m'indiquer qu'il était viré, il avait détourné de l'argent du comité d'entreprise dont il était le trésorier. 

Chez Ponts Formation Conseil, où le harcèlement ruisselaient du Président du Directoire jusqu'aux assistantes en passant par les deux directrices : "Il nous met la pression, c'est normal qu'on la transmette". 

En fait, non, c'est un peu le rôle du manager intermédiaire de faire la part des choses, quand il est encore en état de le faire.

Je ne suis pas resté plus que la période d'essai au bout de laquelle la directrice m'a dit : "nous n'avons pas été en mesure d'évaluer tes compétences". En quatre mois ! En ce qui me concerne ça faisait trois mois et demi de trop pour avoir pris conscience de dysfonctionnements graves et apparents.

Dans les mois qui ont suivi, les deux directrices ont été licenciées par le Président du Directoire qui a suivi de près...

Chez BNP Paribas, les chefs d'équipe étaient choisis pour leur capacité à aller dans le sens du n+2 et de ne pas faire de vague. Dans une incompétence et un manque de professionnalisme "crasse" sur un projet qui avait déjà un an et demi de retard. Quand le n+2 en question a été licencié, c'était trop tard, les "petits chefs" étaient établis dans leurs CDI et ont pu continuer à mener la vie dure à leurs anciens collègues restés prestataires, avant les deux vagues de fin de contrats de prestations de juin et septembre 2008...

Pour finir par une note positive, une collègue de l'époque BNP m'a écrit au sujet du précédent article : 
"Pour ma part, tu m'a coachée avant d'être coach et j'ai eu beaucoup de chance !"

Effectivement, c'est de cette époque que date ma démarche pour devenir coach. 

En cours de mission chez BNP Paribas, j'allais 2 jours par mois chez Atorg à la Bastille pour me former à l'analyse transactionnelle dans le champ des organisations. 

A l'issue de cette mission j'ai pu me lancer et créer Coaching Classes Prépas tout en intervenant pour des Cabinets comme Formatys, Learnysis, Arkos et des associations comme TalENS (tutorat de lycéens de l'Ecole Normale Supérieure), Telecom Bretagne Alumni, Rives de Seine...  

Entre 2013 et 2015, je suis également intervenu à temps plein pour Altedia en particulier pour les contrôleurs financiers et les directeurs chez Cisco (télécoms), les managers d'Embraer (aéronautique), les assistantes de direction trilingues de BMS (industrie pharmaceutique), les ingénieurs de Sierra Wireless, les employés du Laboratoire Biomnis et du prestataire Vestalia de Veolia/Renault... en région parisienne principalement et également à Pau. 

Depuis 2016, je suis installé dans le Puy de Dôme et je coach aussi bien à distance (skype, tel) que des entrepreneurs de la région dans le développement de leur activité ou la réflexion à mener pour y trouver plus de satisfaction.

Avec cette page "Emotiv'Action", je souhaite proposer de se rebrancher sur ses émotions et ses envies, pour mettre ses talents et ses atouts, en avant d'abord, et au service de missions professionnelles plus engageantes et plus satisfaisantes.

Et vous, vous en êtes où, entre satisfaction et souffrance ? 
Et vos talents et vos atouts, sont-ils mis en avant dans votre travail ? 
En ce qui concerne vos envies et votre enthousiasme, sont-ils encore au rendez-vous de vos défis professionnels ?

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et commentaires !

Gabriel Brabant
06 33 85 53 27

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